1ère étape : un constat, qui est de réaliser que nous sommes une espèce sociable. C’est pour ça, pensent les historiens, qu’Homo Sapiens a pris le dessus sur les autres espèces humaines. Et qui dit sociable, dit communication verbale mais aussi non verbale. La communication non verbale représente, contrairement à ce qu’on pense au premier abord, la part principale des informations que nous échangeons. Le regard, en tant que sens le plus développé chez l’humain, est évidemment prépondérant dans cette communication. Alors nous n’avons pas le choix : il faut faire avec!
Cette caractéristique humaine amène alors une réflexion sur l’indifférence : il n’y a rien de pire pour un être humain que de ne pas exister au regard des autres. Même si on pense être un sauvage qui ne veut voir ni parler à personne, en réalité ce comportement est une fuite du monde, par peur justement du regard des autres, mais cette condition de solitaire ne correspond pas vraiment à une vie épanouie et heureuse. Pour exemple, les gens qui professionnellement sont mis « au placard », à qui on ne donne aucun travail, subissent une violence au moins aussi forte que ceux qui souffrent de leurs mauvaises relations avec leurs collègues. Idem pour les enfants qui préfèrent faire des bêtises pour se faire remarquer plutôt que d’avoir l’impression de ne pas exister aux yeux de leur entourage.
2ème étape : se poser la question de SON propre regard sur les autres : que cherchez-vous chez les autres par votre regard? Que vous apporte-t-il? Qu’en retirez-vous de positif pour vous? Vous apprend-t-il des choses sur vous, votre comportement, vos automatismes, vos pensées?
3ème étape : imaginer ou rechercher dans sa mémoire une personne dont on craint le regard, ou bien une situation, un contexte dans lequel on se sent mal à l’aise en raison du regard des autres. A partir de maintenant, quand vous vous trouverez dans cette situation, vous pourrez vous demander : qu’est-ce que je crains dans ce regard? Est-ce mon imagination, ou bien ce regard trahit-il une volonté de me juger ou même de me nuire? Si c’est le cas, de quoi cette personne a-t-elle peur ? De quoi essaie-t-elle de se protéger par rapport à moi? Que craint-elle de moi? En quoi représentai-je un danger pour elle? Craint-elle mon regard ?
4ème étape : Vous pouvez ensuite imaginer le regard d’un « autre », imaginaire ou réel (personne vivante ou non), qui prendrait le dessus sur celui de la personne qui est face à vous et dont le regard vous impressionne ou vous dérange. Vous pouvez travailler cela tranquillement chez vous, en visualisation, en ressentant fortement le sentiment d’apaisement et de réconfort que vous apporte ce regard protecteur. Puis vous entraîner à intervertir ces regards, entre celui de la personne qui vous impressionne et celui de la personne qui vous apporte de la confiance, puis intervertir de plus en plus vite ces regards, jusqu’à ce que vous réussissiez facilement à remplacer le regard impressionnant par le regard réconfortant.
Pour conclure, n’oubliez jamais que le regard, le jugement, le discours que l’autre porte sur vous, c’est SON histoire, pas la vôtre !

